vendredi 14 juin 2013

MORSURE DU TEMPS



Le temps inévitable, s'est jeté sur moi.
Son pli, a creusé la ride, à mon front pâli.
Et sa griffe acérée, dont je suis la proie,
A juré, ses empreintes, sur mon anatomie.

Moisson de vie, en jours qui meurent.
Parce que les reflets, outrages du temps,
Giflent, chaque instant, de mes heures,
Le passé gémit, d'être enjambé du présent.

Le pressant me frappe, de minutes infidèles,
M'assomme, par ces coups de secondes.
Infinie, la durée silencieuse, me harcèle.
Je noie mes soupirs, au temps qui m'inonde.

Des moments engourdis, qui s'effacent,
Piétinants les ans, écrasants les jours.
L'orgueil du temps, marque ses traces
Et sa morsure amère et son fiel autour.

                          M PIERRON



Copyright © M. Pierron 

 

vendredi 31 mai 2013

ANNE




Nous étions alors, de grands enfants,
Anne sur mes regards, jetait ses yeux,
Sa joue inclinée, le front frémissant,
Glorifiait son rêve, doux et silencieux,
Quand ma lèvre, le baiser gourmand,
Sur sa peau, s'effleurait langoureux.

Anne excellait, par sa beauté fragile,
Dans mes bras, elle aimait se blottir,
En ces instants, de bonheur fertile,
Appuyant, comme pour s'endormir,
A mon torse nu, son visage juvénile,
Elle échappait, un délicieux soupir. 

Enfourchant, le secret de nos émois,
Les cœurs serrés, à ne plus se défaire,
Elle offrait, bien plus fort contre moi,
L'effluve consécutif, de sa chair.
Son cortège d'arôme, abreuvé de joie,
Usait mon désir, de réel et d'imaginaire.

Son reflet de caprices, sur nos heures,
Léchait de plaisir, mon âme en fusion.
Anne spéculait, ses assauts séducteurs,
En regain sublime, d'une infinie liaison,
Et notre philosophie, enlacée de douceur,
Mûrissait le fruit de notre passion.

                                               M PIERRON

                                                        

mardi 14 mai 2013

ESQUISSE SECRETE






Sous mon regard, comme resplendit,
Éclaboussée de sa svelte jeunesse,
Les jambes nues et la robe fleurie,
De formes ténues d'une délicatesse,
Elle est venue, le féminin embellit.
Asseoir sur un banc ses jolies fesses.

Au jardin, embaumé par les fleurs
Je laisse vivre mes émotions.
Jusqu'à jubiler d'un œil inquisiteur
Ses dessous pénètrant et profonds.
Quand sa cuisse béante libérée de pudeur
Laisse plonger ma vue sous son jupon.

Ainsi, généreuse sa fragile intimité
Dissimule l'expression de son plaisir.
De visé, sa jambe fine s'est écartée
M'invitant succulente à découvrir
L'instant suprême de sa divinité
Sous l'impertinence de son désir. 

Assis de face sur le petit banc de bois
Ô combien l'acmé expose aguichant.
Mes yeux sont concentrés à la fois.
Sur son bas profil et son chemisier blanc
Où l'impudeur délivre dessous la soie
La pointe tendue de ses seins opulents.

La douce demoiselle exprime sa vertu.
M'offrant en silence sa beauté ravageuse.
Lorsque nos regards croisés, ce sont tu.
Un sourire a fleuri ses lèvres pulpeuses.
Puis s'est levé et comme elle est venue
S'est éloignée le pas lent la hanche houleuse.

                                           M PIERRON





                                             

vendredi 3 mai 2013

LA SAINTE DE LA PATRIE





L'ordre céleste une voix en appel
A quitter Vosges ses terres natales
Et mener dans les combats mortels
Des troupes, vaillantes, triomphales.

Roturière juste issue de l'adolescence
Que le choix éternel d'être l'élue
Dirigée pour repousser de France
L'arme émergente et vaincre l'intrus.

L'héroïne sous sa cuirasse d'acier
Le bras fécond le glaive menaçant
En geste, chevauchant son destrier
Va exceller aux port d'Orléans.

La gloire dans les plis tricolores
Ses franges tachées et sanglantes
Laissant sur les champs des morts
L'odeur âpre de vies mourantes.

Jeanne humble la tendre guerrière
Combattant sur des coups de victoires
Va glorifier la France prisonnière.
Dans la liberté et son roi au pouvoir.

Suppliciée par l'obscure trahison
L'innocente accusée d'hérésie
Par les chaînes retenues en prison
D'être condamnée et lui brûler sa vie.

Douce Jeanne seule et abandonnée
Et la flamme régalée de son corps
Jésus sur la lèvre à son appel exaucé.
La souffrance au bûcher et la mort.

                A  Jeanne  D'Arc   1412 -  1431



                               M PIERRON

Copyright © M. Pierron




                              

                                          

                               

lundi 29 avril 2013

LA NATURE EN SURSIS

                      



Long râle, affligé de douleurs.
Tandis, que sa plainte ignorée,
S'étouffe, de ces novices vapeurs,
La nature soupire, en terre asphyxiée.

Chaque espace, parait infini,
D'émotions, habillées de mystères,
Telle, une beauté, dans un paradis, 
La nature, semble épouser la terre.

Souffle de fièvre, acidulé de mal,
Puisque l'air, en bouffée respire.
Le crachin pollue, le besoin vital,
La nature souffre, de s'enlaidir.

Sous les cieux, un voile émissif,
L'homme baigne, dans l'indifférence,
Sourd, sous les murmures plaintifs,
Et la nature, en sursis, meurt en silence.

                                                 
                                               M PIERRON


Copyright © M. Pierron








mardi 16 avril 2013

L'AURA D'UN RÊVE

           



En équilibre, sur le bord du vide,
L'utopie; la bouscule vers l'obscur
Et l'étrange, d'un rêve splendide,
La jette, au fond d'une aventure.

Règne de sommeil, d'azur et d'or.
Le songe se plait, caressant les vues,
L’irréel a planté, son fabuleux décor
Et l'imaginaire, feint l'idéal absolu.

Son rêve s'effondre, ainsi, l'image,
D'être le vertige, invitant l'émotion,
Par s'écrouler, derrière son visage,
Unit de silence, absent d'animations.

La belle, au lit douce et dormante,
Savoure la nuit, sous sa paupière.


                            M  PIERRON 


samedi 13 avril 2013

NOCTURNE






Le voile obscur, étouffe l'horizon.
Et l'éclat de ciel, déchiré en lambeaux,
Fuis le jour, qui sombre moribond,
Évincé, par un nocturne nouveau.

L'ombre retentit, à l'écho du silence.
Et la nuit, jusqu'à se vautrer par terre,
Clos, la lumière de son incandescence,
Les cieux ténébreux, noircissant la terre.

Le rebord du ciel, aux lueurs d'argent,
Étincelle d'étoiles, l'océan de nuit
Et la lune d'or, offre son croissant,
Luisant de lueur, le monde endormi.

L'obscurité, déshabille le nocturne.
Les ténèbres, s’effondrent et reculent. 
Et l'immensité, d'être noire taciturne,
Se fissure, dans la clarté du crépuscule.


                               M PIERRON 



                                  



mercredi 10 avril 2013

MAISON CLOSE




La porte d'un cloître impudique
Sur les mœurs la gente régal
Ouvre les désirs pathétiques.
A mes sens d'amant triomphal.

Tel, un étau compressé de courtoisies
Dans un bordel feutré de contre-jours
Un rempart charnel m'ose en défi
La cuisse haute la dentelle autour.

Fugace influence ses courbes en caprices
Éclaboussent d'avidité mon regard
Torturant mon désir l'Âme séductrice
Jette l'émotion dans notre jeu de hasard.

La rousse juvénile le pas devançant
M'agace la fesse douce et dévêtue
Un grand escalier le pied montant
Me conduit dans son lit inconnu.

La douce, effeuillée prend ma main.
Son sein fleurissant et nu, me respire
Jusqu'à chevaucher mon destin
Et goinfrer ma soumission de plaisir.


                                   M  PIERRON



LA CONCEPTION




L'amour, s'est glissé en son sein opulent
Caressé de douleurs le bonheur fécond
Souffre sa chaire harcelée de sentiments
Sur un corps apparent et son ventre rond.

L'espoir est aux aguets de l'abondance
Quand l'amour conçut mûrit son fruit.
L'apogée glorifie ainsi l'acte en instance
Jusqu'à pousser l'Âme dans la vie.


                               M PIERRON

lundi 8 avril 2013

LARMES




Le regard vide, conquis de douleur
Et la paupière, outragée, d'un sanglot,
Cille, dans un cruel, chapelet de pleurs,
Ne laissant, nulle parole, pour un mot.

L'humeur saigne, désolée de souffrir,
Un trémolo, dans une voix effondrée,
Sur la joue, une larme qui expire
Et l'angoisse, en esprit de pensée.

Une mélancolie, divertie de solitude
Et la sentence, d'être chaude et fertile,
Coule en spasmes, escorté de lassitude,
Sur le bonheur du rêve en péril.

Fermer la peine, dans l'obscure chimère
D'un l'appel au secours en détresse,
Faire d'un chagrin; un triomphe éphémère; 
Quand sur un visage; s’assèche la tristesse.


                                        M  PIERRON




Copyright © M. Pierron 

SYMPHONIE PRINTANIERE




La voix de l'hiver, sur l'accord des saisons,
Tais, ses longs murmures austères,
Quand l'aube, naît parcourue d'un frisson,
 A l'ébauche, d'une haleine printanière

Un ciel encombré, Avril, bruines et pluies.
En supplices du temps, gémit de frimas,
L'horizon, s'échappe et l'aurore s'enfuit,
Dans la douceur, d'un nouveau climat.

Chaque soupir, est une renaissance,
Au verger fleuris et Muguet aux bois.
C'est un langage, de bruits et silences,
Quand mai, s'écrie en éclats d'émois.

Épanouie de feuille, éclose de fleur,
La nature défroisse, sa robe de dentelle,
Sous un zéphyr, exalté de senteurs,
Sa réplique diffuse, sa clarté naturelle.

Les reflets tièdes et sa traîne opaline, 
Adoucissent, le matin écaillé de lumière
Et le jour vagabonde, la terre s'illumine,
Sous les vapeurs, voluptueuses, printanières.

                                                   M  PIERRON




Copyright © M. Pierron






dimanche 7 avril 2013

JARDIN SECRET




 Jardin secret envahit de sentiments.
 Ensemencé de pensées arrosé d'espoir
 L'âme enracinée à l'esprit germant
 Vis d'émotion à l'ombre de la mémoire.

Le songe mûr épanouit de conscience.
En gouttes sagesse infiniment rêvée 
Va l'imagination cultivant son silence.
Conserver le fruit de souvenirs cachés.


Mystérieuses invisibles illusions
Enfouies dans le profond mental
Secrets de verbes et de sensations
Qui se désirent en bien ou en mal.

Quand la convoitise feint l'impossible
Que le rêve tenu s'exprime ou se réalise
D'un virtuel osant le réel en équilibre
Le jardin se fane le secret se brise.

                                                                            



                               M  PIERRON

                               


                               




samedi 6 avril 2013

MON FRÈRE




             
Je ne fus pas dans tes années chérubines.
Nos jeux n'ont pas connu nos partages.
Et nos complicités restés orphelines, 
N'ont pas fleuri les printemps de nos âges.

Mon frère, mon égal altier, de source mère
Le geste fragile en intention de douceur
Au profond de mon âme, tu es venu sincère.
Déposer un jour tes sentiments sur mon cœur.

Je n'oublierai pas le temps qui nous a réunis.
Ni les gestes, pas les mots, ni même les murmures.
Toi qui fus mon frère, mon confident, mon ami,
Tu me quittes au chemin de notre aventure.

Je verse des larmes essuyées de silence.
Dans ce monde qui nous a vu vieillir.
Tu laisses par ton éternelle absence.
Un vide qui s'accroche à mes souvenirs.

Je vais par ce sentier étroit et fleuri.
Où fut partagé notre dernier horizon.
Je marche sur la sente de nos vies.
Le pas solitaire perdu d'abandon.

J'irai de par le front bas de pensées.
L'esprit d'instants qui te rappellent 
Et jusqu'au bout de ma destinée
Tu seras frère mon symbole spirituel.


                                 A mon frère 
                                                                   

                                M PIERRON


Copyright © M. Pierron


MA MUSE

                                                            

 

                                
Ô majestueuse ! l'invisible me surveille
Sylphide de mes douceurs inspirées
Déesse de mes nuits de veille
Furtivement, tu nourris mes pensées.

Tu es mon silence ma prose solitaire.
Ma passion jusqu'à mes désirs fous.
Mise à nu de mes rêves imaginaires
Tu abuses les vers, mes rimes, tu joues.

Muse ingénue, fidèle à mon grimoire
Ton efficience souffle sur mon écrit.
En mon quatrain, s'insuffle chaque soir.
Ton effluve exhalant tout mon manuscrit.

Douce alexandrine, fébrile et poétique 
Ton haleine divine expire la stance.
Et l'âme trempée en nos écrits lyriques
Se nourrit de notre douce romance.

                        



vendredi 5 avril 2013

SORTILÈGE




Insidieux, il s'est immiscé en son esprit
Bondissant l'obscur, d'un corps ingénu,
L'incube aux ardeurs, le charme accomplit,
Va, sa fatalité, introduire l'innocente élue.

L'éprise sulfureuse, épanchée de désir,
Quand l'ombre, excelle son rituel excitant,
La transe essoufflée, sublimant le plaisir,
Ira jeter, dans l'aube, ses remords naissants.

Le fantasme abreuvé, d'extases sueurs,
Au talent, de son effet à l'incantation,
La muse de nu, va noyer sa splendeur,
De cuisses béantes, de seins à l'abandon.

Nuit de fièvre, où le voile s'est échoué,
Dans l'excès, d'un auguste festin,
L'âme, va aux prémices clartés,
Se vautrer, dans les vapeurs du matin.



                                     M  PIERRON


Copyright © M. Pierron 




                                        

      


  

DELICE DES MAUX


       





Je t'offrirai des éclats de lumière.
Que chaque instant, d'ombre de nuit,
Ouvre, debout sur tes paupières.
Ton regard, ensoleillé d'infini.

J'agrandirai le ciel de sa couleur.
Par le bleu, j'effacerai le gris.
Que cet espace, ivre de hauteur,
Soit, l'univers de ton paradis.

Je dirai les mots, en récit les silences.
Par écrit, en des rimes à ta joie,
Sur des lignes, salivées de romance,
A ton cœur, épris de battre pour moi.

Esprit palpitant, désiré de frissons.
Je caresserai, en libre et vainqueur.
De mon regard et par ma passion,
Ton corps, déshabillé de pudeur.

Tu seras ma flamme, je serai ton feu.
 Embrasé, dans l'emprise fusionnelle
Tu seras femme, nous serons deux.
 L'haleine chaude et le souffle rebelle.

                             M PIERRON 


jeudi 4 avril 2013

JADE ADJUGEE VENDUE



                                 


Jade une enfant née sur la terre
Dans un espace, stérile et ingrat
Au quotidien nourris de misère
Où l'amour lui a fermé les bras.

Visage innocent au prix dérisoire
Elle n'avait pas encore huit ans.
Vendue dans l'obscurité un soir
Au regard adjugé de ses parents

Quelques poignées de dollars
Son destin est sans plus valu.
De rêves torturés de cauchemars
Sur ses jours emprisonnés d'abus

Détenue d'ordre et de soumission
A chaque instant interdit de liberté
La tyrannie se joint d’exécutions.
Et sa douleur suit d'être condamnée.

Sans âge jusqu'à l'identité perdue
Contrainte en son âme enfantine
Par le viol son intimité mise à nu
De céder sous la main qui domine.

Par les bas-fonds de l'esclavage
Prisonnière d'un carcan outrancier
Dans l'obscurité sa vie en otage
S'ouvre étranglée d'un collier d'acier.



                                     M  PIERRON




Copyright © M. Pierron



                                

 





MA VOIX





De syllabes, en jeu de langage,
Le murmure des mots unis,
Souffle, en sons les présages,
A ma voix, l'écho qu'elle chérit. 

Chuchoté, le timbre de ma voix,
Sibyllin, d'intimes confidences,
Va remplir, de paroles et de joies,
 Le vide obscur, de ses silences.

Chanté haut, poussée plus fort,
Ma voix, ne fera que chanter,
Même, si faux, son mes accords,
Mes pas, elle saura les faire danser.

Jets de cris lancés, loin du hasard,
D'appels, passionnés et courts,
Ma voix, plaintive ose ton regard,
Frôlé, par ton sourire en retour.

En bord de lèvre, exprimé de son,
Diffusé, dessous un soupir,
Quand parler, gémit d'émotions,
L'amour torture, ma voix de désir.



                                M  PIERRON




Copyright © M. Pierron 



                                              

mercredi 3 avril 2013

LE PARADIS PERDU



Un jardin inondé de lumière
A l'ébauche du premier temps.    
Deux âmes forcées sur la terre,
Dans l’Éden Ève et Adam. 

Création d'un genre humain
En lieux favorisés sous le ciel
Animé par ce souffle divin
Accordant la vie éternelle.

Un couple exquis d'ignorance
En terre sublimée bienfaitrice
Telle, une source d'abondances
Féconde et mûrie de délices.

A l'ordre du geste désobéi
Suscitant en reptile Samaël
De l’orgueil jusqu'à l'interdit
Ont consenti le péché originel.

Des siècles aux âmes à souffrir
Par la tentation de l'acte mortel
D'une pomme en fruit de désir
A l'humanité la douleur éternelle.


                                   M  PIERRON

Copyright © M. Pierron 


PARTIR D'AVENTURE


                  
                             

J'irai, avec ou sans bagage.
M'en aller, sans pensée de retour
A l'aube sur la sente sauvage
Par chemin sous l'éclat du jour
L'âme solitaire comme un voyage
Je partirai, libre frugal troubadour.

Je marcherai de pas de raison.
Dans le matin rose et frileux
D'un soleil épousant l'horizon
Au ciel luisant émaillé de bleu,
J'arpenterai, les vals et les monts.
L'esprit léger et le désir radieux.

Le pas fidèle à la nature
Dans son espace de sa lumière
S'illuminera de vie mon aventure.
A l'heure matinale douce printanière
Et la clarté dans l'ombre qui se fissure
Je partirai, le cœur ivre de prières.

Seul, par ces vertes campagnes
Dans ces forêts perdues d'existences
Jusqu'aux vertigineuses montagnes
Le pied conjugué de prudence
Le front courbé la brise ma compagne
Je franchirai, chaque instant de silence

Sous un ciel d'aurore en éclat de gloire
En ce matin que son azur fulmine
Jusqu'à l'agonie et ses lueurs du soir
Sur l'inconnu par sillons et ravines
J'irai, de philosophie le cœur bondé d'espoir.
Ennoblir mon âme dans la nature divine.


                                      M  PIERRON

Copyright © M. Pierron


dimanche 31 mars 2013

MA PLUME

                     

Ma plume passionne en manuscrit.
Phrase les consonnes et les voyelles.
De mots par un langage écrit
En rimes hautaines et fusionnelles.

Sa traînée sur le papier harmonise.
En stances dithyrambes poétiques
La vive inspiration que j'improvise
Fruit de songes à mes pensées lyriques.

 Fidèle amante de mes écritures,
 Confidente à mes secrets sibyllins
 Chaque quatrain est notre aventure.
 Dans l'interligne d'un parchemin.

Tel, un rituel chaque soir
Je la retrouve en son plumier.    
L'hilarité tente de m'émouvoir.
Lorsque je la plonge dans l'encrier.

Gracieuse, en lettre majuscule
Elle prose, excelle à la poésie
Conjugue le point à la virgule
Et vous offrir les vers que voici.


                           

                                            



                                    


LA ROTURIÈRE DE RUE






Lèvres maquillées fard en paupières.
Elle marchait dans la ville endormie.
Bravant le pavé la cadence légère
Sur le boulevard étouffé par la nuit
Suggestive d'allure et de manière.

Elle musardait le long du trottoir.
Exerçant des regards racoleurs
Usant ses formes sous son caban noir
Les pas perdus sur l'infini des heures
Espérant, l'individu qui saurait la voir.

La roturière espiègle et rebelle
Émoustillait sa silhouette féminine, 
Provocante parfois exhibant la dentelle,
De ses dessous rehaussés de soie fine
A l'appel d'une connexion charnelle.

Fidèle stratégie en jeu séducteur
Galbées de jambes fines et infinies
Sa jupe courte excellait d'impudeur
Sur ses courbes vertigineuses en défi
A la lubricité d'un chaland prédateur.

 Prise au piège dans l'absolue obscurité
 Sous un réverbère endeuillé de lumière
 L'impertinente sous les yeux régalés
 D'un fervent, invitant cette dernière
 A inonder son plaisir en contre-payer.


                                M  PIERRON 

samedi 30 mars 2013

LES VIEUX MARIES







Leurs regards furent noyés de désirs.
Et leur jeunesse a retenu enlacé.
Leurs âmes, épousées de plaisir,
Que le temps n'a jamais délié.

La vie les a pris par la main. 
Embrassant leurs jolis printemps,
De bonheur, à des matins câlins,
Et de soirs, courtisés de sentiments.

L'amour en nuit de tendresse,
A ces lueurs, inondées de joies,
Fut jadis, extrême de caresses.
Et leurs corps, suintants d'émois.

Ainsi, vont fidèles époux aimants,
L'hiver, patine le cheveu blond.
En années, sur leur toison d'argent,
Jusqu'à nourrir, leur ride de front.

L'altération, a soufflé son haleine.
La splendeur soupirée l'anatomie,
De larmes essuyant leur peine,
A leur passion, qui brûle aujourd'hui.

La danse des ans les a fait vieillir.
Dans leurs pas, envolés du temps,
Mais leurs mains, sans se désunir,
Et leurs doigts, croisés infiniment.


                               M PIERRON
                            

LE SAULE ET LE ROSEAU





Sur la berge d'un étang dormant,
Dans les reflets d'une onde claire,
Un saule pleureur, le rachis arquant,
Lorgnait sa mine à se complaire.

Le rhizome, émergé dans l'eau,
La douceur du câlin zéphyr,
Charmait un gracieux roseau,
Oscillant, à l'ordre de ses soupirs.

A ces heures, exquises matinales,
La silhouette du géant feuillu,
Éprouvée de chaleur estivale,
Éventait sa tignasse drue.

Frêle de tige, stricte d'allure,
Du pied à son épi velouté,
Sous la somptuosité de ramure,
Le roseau captivait, l'éclat ombragé.

Le silence déchirait le marécage,
En ces lieux, ivres de solitude,
Les compères liés de voisinage,
Fleurissaient leur mine de plénitude.

L'apogée d'aquilon radieux,
Exprimait la saison idéale,
De soleil et de jours heureux,
Prospérant leur fibre végétale.

Pas âmes en berge dépeuplée,
Dans le retrait de sol mouvant,
Un saule un roseau à son côté, 
Et puis de l'eau, parfois du vent.

                               M  PIERRON



Copyright © M. Pierron


LA MER






La mer vient caresser le rivage,
Et ses flots unis d'infinis,
Bavent l'écume en naufrage,
Sur la grève de sable en son lit.

Napée de bleu, ourlée d'argent,
Vaste désert absolu d'eau,
La mer salive, sous l'effet du vent,
Une nacre, en reflets de cristaux.

Tel, un voyage jamais conquis,
La mer s'avance et se retire,
Elle laisse dans son repli,
L'emprunte du flot qui expire.

La nymphe ondule l'opalescence,
Que le remous d'être convulsif,
Excelle la vague d'effervescence,
Jusqu'à gifler l'obstacle de récif.

L'harmonie de deux univers,
Semble épouser l'horizon,
Le ciel échouant à son éther, 
Sur la mer en son expansion.

Les yeux plongés sur son berceau,
Mon regard chérit à la glorifier,
Les pieds jusqu'au seuil de l'eau,
La mer mouillant mes souliers.


                                 M  PIERRON                             

vendredi 29 mars 2013

LE MANOIR PERDU




Dans le temps passé, insolite et austère,
Je me souviens, un soir brouillé de nuit,
Aux reflets farouches, d'une lune entière,
Entre solitude et forêt assombrie,
Le pas flâneur, en sentier de terre,
Parcourir ces lieux, vides de bruits.

Mon désir ne fut-il pas ingénu,
Oser l'angoisse épaisse et noire,
Pour régaler, la curiosité de ma vue,
L'idée intruse, d'explorer un manoir,
D'antan à nos jours, demeurés perdu,
Habité d'abandon et de nonchaloir.

Le voile avachit de l'obscurité,
Exacerbait l'ombre des cieux,
Abordant la cible de ma destinée,
J'embrassai, du bout de mes yeux,
La silhouette glauque et désolée,
D'un manoir, naguère fastueux.

Seigneurie du passé, fissurée d'oubli,
Aux murs de pierres, lézardés du temps,
Archaïque, la somptuosité affaiblie,
Évoquait à l’écho de mon sentiment,
Qu'elle fut jadis, dans une autre vie,
La bastille noble de ses habitants.

Résignée, en ces épais lieux boisés,
La léthargie étranglée de silence,
Sur la demeure si loin désertée,
Injuriée du temps, nu de défense,
Offrait vétuste, l'aspect effacé,
D'une âme ruinée sans existence.

Sur l'étendue du feuillu végétal,
L'excentricité en pâle profusion,
Crachotait l'opacité automnale,
D'un pas de retour à la civilisation, 
Je quittai l'édifice monumental,
Du passé cossu, au présent d'abandon.


                               M  PIERRON


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