jeudi 1 août 2013

LA MAISON ABANDONNEE





Des volets mi-clos et ses murs de pierre,
La masure vétuste est fissurée de silence.
La muraille essoufflée envahie par le lierre,
S'étouffe de solitude se meurt d'indifférence.

Son visage quelques fenêtres, jadis si jolies,
Respirait le charme d'une noble demeure,
Et sa porte cochère sous le balcon fleuri,
S'ouvrait ne laissant s'échapper, le bonheur.

Sous ses pans avachis, outragés par les ans,
Elle a d'antan connu des éclats de joie.
En soirées d'hiver ou soleils couchants,
Mais jamais la chaleur ne quittait son toit.

 L'aube du passé en bruit d'eau sa rengaine,
 Offrait folâtre en chapelets de clapotis,
 D'un filet chutant le chant d'une fontaine,
 Qui s'est tu, d'être resté si loin dans l'oubli.

Effacée, à l'issue d'un chemin forestier,
Elle apparaît libre derrière des buissons.
Au milieu d'un parc emparé de ronciers,
Sa charpente souffre d'un cruel abandon.

Un portail austère, oxydé, crisse son fer.
Quand on l'ouvre si longtemps fermé
 Et d'être le gardien de ce lopin de terre,
Qui fut autrefois jardin fleuri et parfumé.

Oblique allée de grands aulnes en bordure,
Leurs feuilles fripées sèches sur le caillou sale,
Dissimulent un pavé prisonnier de verdure.
Aboutissant sur un parvis de granite pâle.

La porte close repose sur ses gonds engourdis.
Et la solitude a bloqué les charnières.
Immobile et condamnée à garder aujourd'hui,
Les souvenirs illustres d'un passé d'hier.


                           M PIERRON









                           

2 commentaires:

Unknown a dit…

magnifique poème plein de douceur, de tristesse sur cette maison ancienne pleine d vie d'autan et voilà triste et abandonné ces mots sont magnifiques merci a toi Michel ton amie

Morgane a dit…

Plein de nostalgie dans tes mots, mais moi je crois qu'elle aime aujourd'hui son état, comme les humains à la fin de leur vie, gouttent leur retraite, elle se laisse gagner par les ronces et les herbes qu'elle n'a plus envie de combattre !!!
En tout cas joli poème, la maison a du verser une petite larme en le lisant !!!
Bisoous Michel